lundi 17 avril 2017

Je veux un monstre - Élise Gravel

Résumé :

Winnie aimerait bien avoir un monstre de compagnie. Elle promet de bien s'en occuper, de le nourrir, de l'emmener en promenade et de ramasser ses crottes. Mais elle se rend vite compte qu'avoir son propre monstre demande beaucoup de travail. Heureusement, Winnie peut consulter le livre Comment dresser son monstre de compagnie d'Elise Gravel pour l'aider.


Tous les enseignants et beaucoup de parents connaissent Élise Gravel. C'est une auteure et illustratrice prolifique d'albums jeunesse aux propos très intelligents malgré l'allure loufoque. J'aime beaucoup son univers.

Dans Je veux un monstre, elle aborde l'adoption d'un animal de compagnie de manière humoristique. Jamais elle ne mentionne d'animaux, ce sont uniquement des monstres, mais les enfants feront eux-mêmes le lien s'ils ont de petites bêtes à la maison. L'adoption n'est pas toujours facile, les monstres ont plein de petits travers qui feront rigoler les jeunes lecteurs.

Le dessin d'Élise Gravel est facilement reconnaissable. Il est très coloré et complètement éclaté. À la fin, elle suggère de laisser aller sa créativité et de créer notre propre monstre. L'idée est géniale !

Je veux un monstre - Élise Gravel
Éditions Scholastic 2016
40 pages

vendredi 14 avril 2017

Petite absence... et des listes !

Je suis plutôt absente ces derniers temps car il se passe beaucoup de choses (mais de très belles choses) dans ma vie. Je manque vraiment de temps pour écrire des billets. Voyez par vous-mêmes !

En plus de la routine, ces dernières semaines :
-nous avons acheté une première maison.
-nous avons adopté une petite chienne abandonnée dans un refuge.
-je me suis entraînée plus qu'à l'habitude.

Et dans les prochaines semaines :
-nous déménagerons enfin !
-je prendrai part au demi-marathon d'Ottawa.
-j'irai 4 jours en Ontario pour le Championnat canadien de volleyball avec l'équipe de jeunes filles que j'entraîne.
-ce sera le début du "rush" de la fin de l'année scolaire au travail.

J'ai plusieurs billets qui attendent d'être terminés à propos :
-de 2 romans
-d'un texte de pièce de théâtre
-d'un album illustré
-d'un film
-d'une série adaptée d'une BD

Je ferai mon possible en ce long weekend pour rattraper mon retard... mais il fait si beau !

samedi 1 avril 2017

La séparation des corps - Emilie Andrewes

Quatrième de couverture :

Ce récit est avant tout une histoire d’amour passionné entre Christina et Marie-Ange, la cuisinière de la famille. Rencontre de deux expériences subjectives, de deux perspectives dont rien ne prédisait la collision. Issues de générations et de milieux sociaux différents, les deux femmes vont traverser ensemble les affres sentimentales, jusqu’à la désintégration prophétique de leur relation. Le regard mort ou vif d’une jeune adulte qui s’assume pleinement trouve ici celui d’une femme mature, nostalgique, au destin fantôme, qui manifeste un goût prononcé pour le passé et les incendies. Explorant les contrastes de la rupture et du renouveau, ce roman aborde de plein fouet les paradoxes de la relation amoureuse et nous fait retrouver avec plaisir la voix d’une auteure singulière, qui livre ici un roman coup-de-poing.


Marie-Ange est une cuisinière haïtienne, dans la quarantaine, qui habite maintenant Montréal. Elle travaille pour plusieurs familles dont celle de Christina, une famille de classe moyenne aux airs faussement bourgeois. Christina a à peine la moitié de son âge mais elle est amoureuse de Marie-Ange. Sa passion semble réciproque mais plusieurs obstacles se dressent entre elles à commencer par le fils de Marie-Ange qui vit avec une déficience intellectuelle.

Les premières pages me semblait prometteuses. J'aime les relations interdites ou difficiles mais qui s'imposent aux personnages. Avec le fossé des générations, celui des cultures et le fils de Marie-Ange, je pensais être servie. Malheureusement, je n'ai pas vraiment aimé l'histoire de ces deux femmes car aucun de ces personnages principaux ne s'est réellement attiré ma sympathie. Je n'arrivais pas à les comprendre. Et avec les personnages secondaires, c'était pire ! Les parents de Christina sont vraiment détestables. Les dialogues entre eux et Christina me faisait rager. J'ai tout de même relevé quelques bons passages, surtout symboliques, à différents moments.

La séparation des corps est court et se lit rapidement mais il sera probablement vite oublié aussi.

La séparation des corps - Emilie Andrewes
Éditions Druide 2017
144 pages

jeudi 16 mars 2017

Les Pays d'en haut (Saison 2)

L'année dernière, je vous avais parlé de la première saison de la série Les Pays d'en haut. J'avais eu un coup de coeur pour cette nouvelle adaptation du roman de Claude Henri Grignon. J'ai regardé la deuxième saison et j'aime toujours autant ! Il ne reste que la finale de cette saison qui sera diffusée lundi. Je suis triste de quitter des personnages auxquels je me suis attachée.

Donalda est maintenant mariée à Séraphin. Le triangle amoureux n'est plus la principale intrigue mais heureusement plusieurs autres ont pris le relai. J'aime qu'on aborde autant la politique de l'époque avec le maire, le curé Labelle et les ministres que les problèmes plus intimes des habitants des régions rurales au début du XXe siècle. Tout n'était pas simple dans les familles : mariages arrangés, problèmes d'endettement, liaisons hors mariage, difficulté de trouver un travail (encore plus vrai pour les femmes). 

Les personnalités des habitants de Sainte-Adèle se révèlent au fur et à mesure. On apprend à les aimer... ou à les détester. Mais j'aime bien haïr Séraphin, Bidou et Angélique. Ils sont exécrables ! Les acteurs sont très bons. 

La semaine dernière, la production a annoncé une troisième saison qui sera diffusée à l'hiver 2018. J'en suis très heureuse ! La première saison est aussi disponible en DVD. Finalement, pour ceux et celles qui habitent en France, Belgique ou Suisse, la série sera présentée sur TV5MONDE dès décembre 2017.

mercredi 15 mars 2017

Collaboration horizontale - Navie & Carole Maurel

Résumé :

1942, Paris, Passage de la Bonne Graine. Rose, pour sauver son amie juive, Sarah,

décide d’intervenir auprès de l’officier chargé de l’enquête, Mark. Rose est mariée à un prisonnier de guerre, avec qui elle a un enfant. Pourtant elle va se lancer dans une passion avec cet Allemand qui va lui révéler la femme qu’elle est. Cet immeuble est le sanctuaire de femmes héroïques et ordinaires, veuves ou célibataires, juives ou athées, scandaleuses ou acariâtres.

Collaboration Horizontale, c’est l’histoire d’un amour interdit, d’une communauté de femmes solidaires, du quotidien d’un immeuble sous l’occupation... Entre héroïsme et trahison, il n’y a qu’un pas, souvent dangereux.


Ce titre, je l'attendais depuis que j'ai découvert les dessins et les histoires de Carole Maurel dans Luisa ici et là ainsi que L'apocalypse selon Magda. Avec le contexte de la Seconde Guerre mondiale et les histoires d'amours interdites, j'étais certaine d'aimer Collaboration horizontale. Et j'avais raison !

Ces femmes qui cohabitent dans le même immeuble de Paris m'ont touchée. La plupart d'entre elles y sont seules depuis le départ de leurs maris à la guerre. Une autre s'y cache avec son fils car ils sont juifs. Les plus jeunes, les célibataires, doivent attendre le retour des soldats pour espérer se marier. Il y a cependant des hommes au pays mais ce sont les ennemis venus d'Allemagne...

La collaboration horizontale, c'est tout un pan de l'histoire française que je ne connaissais pas du tout. Je ne suis pas étonnée que des femmes aient entretenu secrètement des relations amoureuses avec les allemands pendant l'Occupation nazie mais je ne savais pas que le phénomène avait été aussi répandu. Je n'avais jamais entendu parler des "tondues" qu'on a humiliées et punies devant le peuple. 

Une fois de plus, les dessins de Carole Maurel m'ont charmée. Ils sont beaux et racontent beaucoup même sans texte. L'ambiance des années 40 est parfaitement rendue. Mon seul petit regret est d'avoir eu un peu mal à reconnaître toutes ces femmes. Si certaines se distinguent facilement comme Madame Flament ou Simone, d'autres étaient trop semblables. J'ai dû faire quelques retours en arrière.

J'ai beaucoup aimé Collaboration horizontale. J'aurais aimé que l'album soit plus long, il s'y passe tellement de choses ! J'ai été touchée par les personnages puis j'ai aussi beaucoup appris. N'est-ce pas tout ce qu'on recherche dans une lecture ?

D'autres albums de Carole Maurel sur mon blogue : Luisa ici et là et L'apocalypse selon Magda
Collaboration horizontale - Navie & Carole Maurel
Éditions Delcourt 2017
144 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Stephie.

vendredi 10 mars 2017

J'ai vu... Juste la fin du monde

Je suis une fan du réalisateur Xavier Dolan depuis ses débuts. J'ai vu les six films qu'il a réalisés (j'ai d'ailleurs déjà parlé de Mommy et de Tom à la ferme ici). Lors de la sortie en salles de Juste la fin du monde, j'avais manqué de temps pour le voir. Je me suis repris dernièrement.

Louis, le personnage principal, est un jeune écrivain qui n'a pas visité sa famille depuis douze ans. Son retour surprend et questionne. En réalité, s'il revient ce weekend-là, c'est pour annoncer qu'il va mourir prochainement.

Le casting soit cent pour cent français est étonnant. Le réalisateur ne nous a pas habitués à ça mais j'ai compris son choix après avoir entendu les dialogues. Le texte provient d'une pièce de Jean-Luc Lagarce. Il aurait été très difficile de l'adapter en "québécois". Ce serait comme adapter Michel Tremblay en français de France...

C'est un film avec beaucoup de subtilités et de finesse qui commence très lentement mais qui va crescendo. L'émotion dans les dernières scènes est incroyable. Les acteurs livrent une belle performance. J'ai senti que la caméra (ou le réalisateur) était complètement "en amour" avec l'acteur principal. Les plans rapprochés sur son visage sont interminables. Ça m'a un peu dérangée. Fidèle à ses habitudes, Xavier Dolan nous offre aussi des moments musicaux marquants. D'ailleurs, j'ai adoré la pièce Home is where is hurts de Camille en ouverture du film.

Juste la fin du monde n'est pas mon préféré mais, comme tout le répertoire de Dolan selon moi, il est à voir. Il est possible de lire la pièce de Jean-Luc Lagarce, une nouvelle édition est parue chez Septentrion.

mercredi 8 mars 2017

California Dreamin' - Pénélope Bagieu

Résumé :

Ellen Cohen rêve de devenir chanteuse. Sa voix est incroyable, sa personnalité aussi excentrique qu'attachante, son besoin d'amour inextinguible. À l'aube des années 1960, elle quitte Baltimore pour échapper à son avenir de vendeuse de pastrami et tenter sa chance à New York.

Le portrait drôle et touchant d'une chanteuse hors normes.


Avant cette lecture, je ne connaissais pas The Mamas and the papas ce quatuor composé de deux femmes et deux hommes. J'avais seulement déjà entendu leur chanson California Dreamin'. Pourtant, j'ai beaucoup aimé cet album. Il s'agit d''une biographie en bande dessinée de la chanteuse Cass Eliott mais ce n'est pas nécessaire de la connaitre préalablement pour l'apprécier.

C'est à travers plusieurs "témoignages" de personnes qui l'ont côtoyé que l'on découvre le personnage haut en couleur qu'était Cass Eliott. De son enfance jusqu'à la dissolution du groupe, son parcours est passionnant et les anecdotes super intéressantes. J'ai aussi apprécié découvrir les relations très ambiguës qu'entretenaient les membres du groupe : amour, haine, amitié, désir, jalousie.

Le dessin de Pénélope Bagieu est différent de ses autres réalisation. Il est entièrement réalisé au crayon de plomb sans  couleur. Le trait m'a paru moins précis mais plus créatif. Ce moment flou alors qu'ils composent leur fameux tube dans le garage (et qu'ils sont tous sur l'acide) est tout simplement génial ! Les paroles de la chanson se mélangent aux dessins très libres et s'opposent aux cases bien droites et rigides dans lesquelles la mère complètement dépassée par les événements.

California Dreamin' est une excellente biographie en bande dessinée d'une auteure que j'aime de plus en plus à chaque lecture. Et gageons que vous n'aurez qu'une envie après, celle d'aller écouter quelques chansons de The Mamas and the Papas !

D'autres albums de Pénélope Bagieu sur mon blogue : Cadavre exquis et Culottées (tome 1)
California Dreamin' - Pénélope Bagieu
Éditions Gallimard 2015
276 pages

Cette semaine, le récapitulatif des "BD de la semaine" se trouve chez Noukette.

vendredi 3 mars 2017

Un bien joli SP !

D'habitude, je ne présente pas les SP que je reçois avant de les lire mais celui-ci en vaut la peine. C'est mignon les guimauves et le petit mot : "Qui dit CHALET dit guimauves et feu de camp". Bravo aux Éditions Goélette et merci !

jeudi 2 mars 2017

Deux-pièces - Eliette Abécassis

Quatrième de couverture :

« Elle était là, presque nue, devant la piscine, à Molitor. Exposée aux yeux de tous, dans ce grand "paquebot" aux façades couleur terre de Sienne, à l'architecture des années trente. ». Lors d'un défilé, la France de 1946 découvre la bombe atomique du couturier Louis Réard : le bikini. Dans le public, Gaby, une jeune fille « toute frêle, à la peau diaphane » prend des notes. Un jeune homme l'interpelle. C'est Antoine, son grand amour qu'elle n'a plus revu depuis l'Exode. Il a participé à la conception du premier maillot deux pièces. 

À travers cette fiction aux couleurs pâles, Eliette Abécassis explore les non-dits qui ont plané sur la Libération de la France - et de la femme.


J'ai lu cette courte nouvelle entre deux grosses briques, c'était parfait. Deux-pièces fait partie de la collection Incipit de Steinkis qui parle de "premières fois" historiques. Dans celui-ci, on y découvre les circonstances dans lesquelles le tout premier bikini a été présenté au grand public en 1946.

Gaby rencontre par hasard son premier grand amour Antoine. Les deux jeunes gens s'étaient malheureusement perdus de vue pendant la guerre. Leurs retrouvailles a lieu au défilé mondain de maillots de bain présenté à la piscine Molitor de Paris (tiens, c'est la même que Bastien Vivès a illustrée dans Le goût du chlore). L'Histoire s'entremêle brillamment à la fiction. Il est question de la deuxième guerre mondiale, de la libération de la femme et de la création du premier maillot. S'il nous parait tout à fait normal et convenable sur les plages de nos jours, ça n'a pas toujours été le cas.

Je ne veux pas trop en révéler car ce livre ne fait que 86 pages et il en ferait probablement la moitié si la taille de la police n'était pas si grosse. Sachez simplement que j'ai passé un bon moment de lecture.

Deux-pièces - Eliette Abécassis
Éditions Steinkis
86 pages

jeudi 23 février 2017

L'immeuble Christodora - Tim Murphy

Quatrième de couverture :

Un roman kaléidoscopique qui retrace la vie d'un certain New York, de l'anarchie des années sida aux hipsters de demain.

New York. Milly et Jared, couple aisé animé d'ambitions artistiques, habite l'immeuble Christodora, vieux building de Greenwich Village. Les habitants du Christodora mènent une vie de bohèmes bien loin de l'embourgeoisement qui guette peu à peu le quartier. Leur voisin, Hector, vit seul. Personnage complexe, ce junkie homosexuel portoricain n'est plus que l'ombre du militant flamboyant qu'il a été dans les années quatre-vingt.

Mateo, le fils adoptif de Milly et Jared, est choyé par ses parents qui voient en lui un artiste. Mais le jeune homme, en plein questionnement sur ses origines, se rebelle contre ses parents et la bourgeoisie blanche qu'ils représentent.

Milly, Jared, Hector et Mateo, autant de vies profondément liées d'une manière que personne n'aurait pu prévoir. Dans cette ville en constante évolution, les existences de demain sont hantées par le poids du passé.


New York est une ville que j'aime beaucoup et quand elle a une place importante dans un roman, comme dans Le Pactole ou Le Chardonneret, je suis attirée. Mais L'immeuble Christodora est bien plus qu'un roman à saveur new yorkaise, c'est un roman absolument nécessaire pour ne pas oublier la lutte que plusieurs groupes ont mené alors que l'épidémie du sida faisait rage.

Lors que le récit commence et que nous rencontrons les habitants du Christodora, nous sommes en 2001 mais c'est grâce aux nombreux allers-retours dans le temps que nous apprenons véritablement à les connaitre. Le courant n'a pas passé tout de suite entre eux et moi. J'ai dû être persévérance mais ça a vraiment valu le coup. J'ai aimé découvrir les liens qui les unissaient et ceux qui ne me paraissaient pas attachants de prime abord ont su me toucher plus tard.

Le contexte de la fin des années 80 et au début des années 90 est fort bien décrit et bien expliqué. C'est une sombre époque que je ne connaissais absolument pas. Je ne savais pas à quel point les premiers patients séropositifs avaient vécu la misère. Les préjugés étaient alors très présents dans la population générale et même chez les travailleurs de la santé publique, les chercheurs ou les politiciens. On ne se préoccupait pas du sida qu'on considérait être une maladie d'homosexuels seulement. Les différentes communautés devaient militer sans cesse pour l'avancement des recherches alors qu'on dépensait de grosses sommes dans  d'autres sphères de la santé. Les femmes séropositives étaient aussi de grandes oubliées. On ne considérait pas qu'elles fussent concernées par le sida. Elles étaient exclues des études, des recherches et ne recevaient absolument aucune forme d'aide. 

J'ai vraiment appris plein de choses à propos de ce mouvement dans ce roman très dense. Il est bien écrit et bien documenté. Avec L'immeuble Christodora, Tim Murphy a rendu un brillant hommage aux militants qui ont tout changé et à ceux qu'il a perdu beaucoup trop tôt.

L'immeuble Christodora - Tim Murphy
Éditions Plon 2017
446 pages