samedi 17 février 2018

Spinning -Tillie Walden

Résumé :

A douze ans, Tillie pratique le patinage artistique à un haut niveau. Sa vie est rythmée par des entraînements, tôt le matin et le soir après l'école. La plupart de ses week-ends sont consacrés à la compétition. En grandissant, cette vie devient de plus en plus pesante. Et il est si difficile pour elle d'assumer ouvertement son homosexualité dans une discipline sportive véritablement conservatrice. Au fil des épreuves qu'elle traverse à la maison, à l'école ou sur la patinoire, se dessine le portrait d'une jeune adolescente qui affirme son identité et crie sa liberté.


Ces derniers temps, je ne lis pas beaucoup et je publie encore moins ici. Très occupée, je manque de temps et d'énergie alors je ne lis que des bandes dessinées... ou presque. Ça se lit tellement bien, c'est comme des vacances pour le cerveau ! Aujourd’hui, j'ai choisis de vous parler d'un bon gros roman graphique lu récemment qui est drôlement de circonstance avec les Jeux olympiques qui battent leur plein à Pyeongchang.

Spinning est l'histoire vraie de son auteure américaine Tillie Walden à une période difficile de sa vie : l'adolescence. Elle est une jeune fille solitaire qui patine depuis son plus jeune âge. Alors que plusieurs changements surviennent dans sa vie, dont un déménagement et la découverte de son homosexualité, elle se questionne sur les raisons qui la poussent à continuer un sport qui ne lui procure plus de plaisir.

Ils sont rares les livres qui abordent la vie de jeunes athlètes et c'est ce qui m'a d'abord attirée. Je travaille avec de jeunes athlètes et j'ai moi-même pratiqué le même sport à un bon niveau pendant dix ans. Il y a inévitablement des moments plus sombres et des questionnements et l'auteure les exprime parfaitement bien. Les horaires hyper chargés, les sacrifices quotidiens, l'éloignement de la famille, la fatigue et la lassitude, ça fait aussi partie de la carrière sportive et c'est beaucoup moins glorieux que les médailles remportées à la télévision ! Pour Tillie, le patinage artistique est devenu une corvée mais elle continue parce qu'elle a atteint un excellent niveau et parce que c'est une partie intégrante de sa personne maintenant. Elle EST une patineuse artistique. 

Deux autres thèmes m'ont touchée : la solitude et la découverte de l'homosexualité. Tillie aime les moments seuls à l'hôtel mais elle vit tellement d'isolement, et même un peu d'intimidation, c'en est triste. Elle a peu d'amis et sa famille n'est jamais présente lors des compétitions. Le moment où elle explique qu'elle adorait son ancienne entraîneure est bouleversant. On comprend en lisant entre les lignes qu'elle était la figure maternelle qui lui manquait à la maison. Bien entendu, son homosexualité la fera sentir encore plus à part des autres. Elle vivra quand même un premier amour.

Bref, Spinning n'est pas un roman graphique toujours joyeux mais il est intime, vrai et extrêmement bien fait. Et sachant que Tillie Walden avait à peine 21 ans lors de sa création, c'est une jeune auteure à suivre sans faute !
Spinning -Tillie Walden
Éditions Gallimard 2017
400 pages

samedi 3 février 2018

Anne (avec un e) la série

Cette chère Anne Shirley de la maison aux pignons verts... Elle en aura inspirée des créateurs ! L'héroïne fictive de la série de romans de Lucy Maud Montgomery a eu droit à une toute nouvelle série télévisée l'année dernière. Elle a d'abord été diffusée sur CBC et ARTV puis elle a été rendue disponible sur Netflix à l'international. Et elle a été très bien accueillie partout !

Vous connaissez probablement l'histoire, qui est un classique de la littérature canadienne anglophone, de cette petite orpheline bavarde et à l'imagination débordante. Contre toute attente, elle a atterrie dans la famille de Matthew et Marilla Cuthbert alors que ce n'est pas elle qu'ils attendaient. Tous deux vieillissants, ils avaient demandé d'adopter un garçon qui pourrait les aider avec les travaux de la ferme. Mais, le jour "J", c'est plutôt une petite fille que Matthew a vu descendre du train...

Je ne pouvais absolument pas passer à côté car je suis fan depuis ma lecture de la série il y a plus de dix ans maintenant. C'est une des premières séries "plus adultes" que j'ai lu. J'ai beaucoup aimé retrouver les personnages qui m'ont marquée : Anne, Marilla, Matthew, Diana, Gilbert et tous les autres. La série est assez fidèle au premier roman. Cependant, ce n'est pas une obligation de connaître Anne, la maison aux pignons verts. J'ai regardé la saison avec une personne qui ignorait tout de l'histoire et elle a adoré aussi ! Les paysages de l'Ile-du-Prince-Edouard, cette île si chère à Anne, sont absolument magnifiques de même que les costumes d'époque.

Anne est une série à l'image de la petite rouquine : absolument charmante ! Une deuxième saison est prévue au courant de l'année 2018. J'en suis bien heureuse !

samedi 20 janvier 2018

Hypothermie - Arnaldur Indridason

Quatrième de couverture :

C’est l’automne. Maria, une femme d’une cinquantaine d’années, est retrouvée pendue dans son chalet d’été sur les bords du lac du Thingvellir par Karen, sa meilleure amie. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite de Karen qui lui affirme que ce n’était pas « le genre » de Maria de se suicider. Elle lui remet une cassette contenant l’enregistrement d’une séance chez un médium que Maria est allée consulter afin d’entrer en contact avec sa mère décédée deux ans plus tôt, qui lui avait promis de lui envoyer un signe de l’au-delà. Aussi dubitatif que réticent, Erlendur lui promet d’écouter l’enregistrement tout en lui répétant que ni l’enquête ni l’autopsie n’ont décelé le moindre élément suspect. L’audition de la cassette le convainc cependant de reprendre l’investigation à l’insu de tous. Il découvre que l’époux de Maria a eu un passé agité, qu’il a une liaison avec l’une de ses anciennes amours, qu’il est endetté et que Maria possédait une vraie fortune. Une intrigue parallèle nous raconte l’histoire d’un jeune couple disparu lors d’une promenade sur le lac. Et nous avons enfin des informations sur la nature des relations d’Erlendur avec son ex-épouse, Halldora.


Lire un roman d'Indridason pendant les vacances des Fêtes, c'est maintenant un classique chez moi ! Je l'ai fait encore cette année avec le 6ème roman mettant en scène l'inspecteur Erlendur.

Dans Hypothermie, notre vieux Erlendur enquête sur le suicide mystérieux d'une femme dans son  chalet de campagne en Islande. C'est la meilleure amie de cette femme qui le met sur la piste d'une affaire qui n'avait pas l'air d'être être une. Puis, l'enquête avance et il y est question de croyances surnaturelles, de fantômes, de médiums et d'expériences interdites (qui m'ont fait penser au film Flatliners). L'enquête est passionnante malgré qu'il n'y ait pas de l'action à chaque page. Si vous aimez habituellement les enquêtes proposées par Indridason, vous devriez aimer celle-là également. Moi, j'ai beaucoup aimé.

J'ai un seul petit agacement (et c'est le même que dans Hiver arctique, son roman précédent) qui concerne l'histoire du jeune frère d'Erlendur qui a perdu la vie. Il se sent encore coupable de l'avoir perdu de vue dans la tempête. Cette histoire est lassante et n'avance pas d'un pouce depuis le tout premier roman. J'espère qu'il découvrira un jour ce qu'il est véritablement arrivé à son frère et qu'il pourra ainsi faire son deuil et nous laisser tranquille avec ça !

Bref, j'ai passé encore un très bon temps des Fêtes avec mon cher Erlendur !

D'autres romans d'Arnaldur Indridason sur mon blogue : La cité des jarres, La femme en vert, La voix, L'homme du lac, Betty et Hiver arctique

Hypothermie - Arnaldur Indridason
Éditions Métailié 2010
304 pages

mercredi 10 janvier 2018

Paper Girls (T.2) - Brian K Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson & Jared K. Fletcher

Résumé :

Depuis ce curieux soir d'Halloween, de grands oiseaux tueurs ont envahi le ciel de Stony Stream. Sur leur dos, les "ancêtres" capturent un à un les habitants et pourchassent les jeunes voyageurs temporels qui tentent de leur résister. Un conflit de générations au coeur duquel Mac, Erin, KJ et Tiffany se retrouvent projetées non plus en 1988... mais en 2016 !


En octobre, j'ai lu le tome 1 de cette série de comics de science-fiction. On l'avait comparé à la série télévisée Stranger Things alors je ne pouvais pas passer à côté. Je suis une fan ! Si j'ai lu récemment le deuxième, c'est parce que j'avais plutôt aimé le premier même si tout me semblait un peu compliqué et que je n'avais pas tout saisi.

Paper Girls est l'histoire de quatre jeunes livreuses de journaux américaines : Mac, Erin, KJ et Tiffany. Elles découvrent par hasard une machine qui ne semble pas provenir de la Terre le lendemain de la fête de l'Halloween. Par la suite, les découvertes étranges se succèdent et une des quatre jeunes filles disparaît...

ATTENTION petits spoilers du tome 1
Le premier tome se terminait sur un cliffhanger assez fort alors qu'un personnage rencontre son double. Je ne veux pas en dire trop mais le procédé m'a fait penser au scénario de la bande dessinée Luisa ici et là de Carole Maurel. Ceux qui l'ont lu comprendront. La suite est intéressante aussi même si je n'ai pas tout compris encore une fois. On m'a encore perdue avec des éléments de science-fiction complexes. Mais, j'ai aimé la petite enquête que mènent les filles et qui entoure la disparition de l'une des leurs. J'ai aimé également l'humour qui est très présent et toutes les allusions aux années 80.

Paper Girls n'est pas une série sans défaut mais je continuerai car le plaisir est tout de même présent ! J'espère que le troisième viendra avec un peu plus de réponses.
Paper Girls (T.2) - Brian K Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson & Jared K. Fletcher
Édition 2017
136 pages

samedi 6 janvier 2018

Un film pour se faire peur : A cure for wellness

Pendant les vacances, j'ai regardé ce film, bien emmitouflée, après une brève balade dehors par une journée de -26°C. A cure for wellness est offert sur Netflix depuis quelques semaines. Un coup d'oeil à la bande-annonce m'a donné le goût de le voir, elle est superbe ! Mais "superbe" dans le sens malaisante aussi... Regardez-là, vous verrez bien !

M. Lockhart est un jeune cadre dans une entreprise américaine. Il est envoyé par ses supérieurs dans une station thermale unique en Suisse pour y retrouver le PDG de l'entreprise, M. Pembroke, qui y est allé et qui n'en est jamais revenu. Déjà à ce point, on sait que quelque chose cloche. Pourquoi M. Pembroke n'est-il jamais revenu ? Est-il au moins vivant ? Que se passe-t'il réellement là-bas ?

La station thermale dans les Alpes suisses est un endroit idyllique. Les images sont extraordinairement belles et pourtant, elles donnent froid dans le dos. J'ai adoré la photographie de ce film. En fait, j'ai un faible pour ces films à l'esthétisme particulièrement léché. Et que dire de la musique ? Elle est parfaite pour nous effrayer ! Le scénario plein de mystère est intéressant aussi. Le suspense est présent du début à la fin. Je n'ai pas vu passer les 2 heures 26 minutes ! Cependant, la fin m'a un peu déçue, je dois l'admettre. Elle est tordue mais pas dans le sens que j'espérais... Quelques questions demeurent aussi sans réponse.

A cure for wellness est un bon film à voir ne serait-ce que pour son esthétisme incroyable et son atmosphère horrifique !


jeudi 4 janvier 2018

Homo Sapienne - Niviaq Korneliussen

Quatrième de couverture :

Révélant une voix exceptionnelle, Homo sapienne suit la vie de cinq jeunes dans la ville de Nuuk, capitale du Groenland. Ils vivent des changements profonds et racontent ce qui, jusqu’à maintenant, a été laissé sous silence : Fia découvre qu’elle aime les femmes, Ivik comprend qu’elle est un homme, Arnaq et Inuk pardonnent et Sara choisit de vivre. Sur «l’île de la colère», où les tabous lentement éclatent, chacune et chacun se déleste du poids de ses peurs.

Niviaq Korneliussen manie une langue crue, sensible et indomptée. Elle parle du désir universel d’être soi, socialement, intimement, confiante que les cœurs et les corps sauront être vrais.

Née en 1990, Niviaq Korneliussen a grandi à Nanortalik, au sud du Groenland. Homo sapienne marque un tournant dans l’histoire littéraire groenlandaise en rejoignant un lectorat en dehors de la terre natale. Selon The New Yorker, l’écrivaine inuite s’affirme avec ce premier livre comme la «nouvelle étoile du Nord».


Niviaq Korneliussen est la première auteure groenlandaise que je lis. À en croire la préface, ils ne sont pas nombreux à être lus en dehors du Groenland non plus. Sa façon moderne d'écrire et ses thèmes se distinguent de ses prédécesseurs. C'est probablement ce qui explique son grand succès en partie.

Homo Sapienne est divisé en cinq parties distinctes et chacune d'elle porte la voix d'un personnage. Cependant, nous recroisons les personnages dans les parties des autres. Ils habitent tous la ville de Nuuk. Comme sa population est limitée, les personnages se connaissent tous ou, du moins, sont reliés entre eux d'une quelconque façon. Fia, Arnaq, Ivik, Inuk et Sara sont jeunes, amoureux et épris de liberté mais aussi, résignés. Ils forment une génération qui se cherche. Ils se cherchent une identité propre, une identité sexuelle et/ou de genre et une identité en tant que Groenlandais. En attendant, ils fêtent, ils boivent et ils couchent ensemble !

J'ai beaucoup aimé que les voix soient différentes les unes des autres. L'écriture est aussi fluide et crue. Elle est parsemée de phrases anglaises ainsi que de termes d'une langue Inuit du Groenland (toujours traduits évidemment). Ce mélange représente parfaitement cette génération qui s'ouvre sur le monde avec l'anglais mais qui conserve aussi la langue de leurs ancêtres. Je comprends tout à fait que ce roman ait fait tout un tabac là-bas. Toute une génération s'est retrouvée dans ce roman. Et même si je n'ai rien d'une Groenlandaise, j'ai adoré aussi !

Homo Sapienne - Niviaq Korneliussen
Éditions La Peuplade 2017
232 pages

mardi 2 janvier 2018

Stranger Things la suite

Je fais partie des gens qui ont dévoré la première saison de Stranger Things offerte sur Netflix. Je vous en avais parlé l'année dernière ici. J'avais eu un gros coup de coeur pour cette ambiance, ces personnages géniaux (surtout Eleven) et le flashback dans les années 80. J'attendais donc avec impatience la sortie de la deuxième saison. J'avais hâte mais j'avais aussi un peu peur d'être déçue. 

Dès que j'ai revu le générique, une excitation s'est fait sentir. Quel beau générique digne des eighties ! Les références aux films et romans d'épouvante des années 80 sont toujours bien présentes. J'ai donc enfilé les trois premiers épisodes. Mais passé le plaisir de retrouver les personnages, j'étais malheureusement nettement moins emballée par ce début de saison. L'esthétisme était toujours au rendez-vous mais le scénario n'était pas aussi entraînant. 

Vers le milieu, deux ou trois épisodes s'élevaient un peu au-dessus des autres pour mon plus grand plaisir. Puis, un épisode est venu assombrir le tout soit le septième, celui consacré à la soeur d'Eleven. Heureusement, les deux derniers valent vraiment le coup. Le dernier épisode, d'une durée exceptionnelle d'une heure, est le meilleur de tous ! Dès qu'il se termine avec la scène du Snow Ball que j'ai vu comme une référence à Carrie, on regrette que ce soit fini. Alors pour les producteurs et les réalisateurs, c'est mission accomplie, nous avons envie de voir une suite ! Et ils nous l'ont promis. Plein de questions n'ont pas trouvé leurs réponses dans cette saison.

Au final, mon appréciation de cette deuxième saison a été en montagnes russe, remplie de hauts et de bas. Mais peu importe, je regarderai la troisième saison, c'est certain !

vendredi 29 décembre 2017

L'heure est aux bilans 2017 : les romans étrangers

Je n'ai pas lu beaucoup de romans étrangers cette année. Et dans cette courte liste, je réalise que je n'ai pas eu un grand coup de coeur qui surpasse tous les autres. Voici donc les 3 lectures de 2017 dont je garde les plus vifs souvenirs...

Mes lectures préférées...



La servante écarlate de Margaret Atwood
Amours de Léonor de Récondo
Homo Sapienne de Niviaq Korneliussen (je vous en parle bientôt...)

jeudi 28 décembre 2017

L'heure est aux bilans 2017 : les bandes dessinées

Cette année encore, j'ai lu de très, très bonnes bandes dessinées ! Le choix a été difficile. J'en aurais retenu au moins 8 si j'avais pu mais je me suis imposée une règle : présenter un top 3 seulement. Il y en a 4 mais une série, ça compte pour 1, non ?

Mes plus gros coups de coeur sont...


Culottées (T.1) de Pénélope Bagieu
Culottées (T.2) de Pénélope Bagieu

Pas loin derrière, il y a...


S'enfuir de Guy Delisle
Winter Road de Jeff Lemire

mercredi 27 décembre 2017

L'heure est aux bilans 2017 : les romans québécois

Mon coup de coeur québécois de l'année est...

La femme qui fuit d'Anaïs Barbeau-Lavalette
(eh oui, je ne l'ai lu que cette année...quel retard, je sais !)

Pas loin derrière, il y a...

Manikanetish de Naomi Fontaine
Le jeu de la musique de Stéfanie Clermont

Demain et après-demain suivront d'autres petits bilans...