vendredi 8 décembre 2017

Ça sent la coupe, l'adaptation

Ça sent la coupe est l'adaptation, parue l'hiver dernier, du roman éponyme de l'auteur Matthieu Simard. Je l'ai lu il y a 8 ans. Si je ne me souvenais pas de tout, je me souvenais tout de même avoir adoré ce roman. Je l'avais prêté à plusieurs personnes et chacune d'elles en avait dit du bien. Il est question de hockey (sport que j'aime bien) mais surtout de relations de couple et de belles amitiés. L'auteur avait une écriture vivante et humoristique qui m'avait plu. Je m'attendais à ce qu'il en soit de même dans le film. Malheureusement, il n'est ni drôle ni bien "vivant". Je l'ai trouvé ennuyant et terne. Je m'attendais à quelques répliques punchées et à un esprit de camaraderie plus intense entre les gars. On a probablement voulu que le ton soit sensible, intime, mais ça ne fonctionne pas...

L'histoire est principalement celle d'une rupture amoureuse douloureuse pour un trentenaire fan de hockey. À mi-chemin entre la comédie dramatique et la comédie romantique, Ça sent la coupe a le mérite de nous livrer le point de vue de l'homme. Nous sommes rarement de ce côté de la médaille dans ce type de film.

Louis-José Houde n'a rien à se reprocher non plus, il joue bien son rôle. La distribution au grand complet a fait un bon travail, la déception n'est pas à ce niveau. Car oui, pour moi, l'adaptation est une déception. Je sais déjà qu'il sera bien vite oublié. Je vous conseille la lecture du roman qui est excellent par contre... si ce n'est pas déjà fait !

jeudi 30 novembre 2017

Le jeu de la musique - Stéfanie Clermont

Quatrième de couverture :

Un garçon se suicide dans un terrain vague d'Hochelaga-Maisonneuve où souvent il passait la journée étendu au soleil et la nuit à faire des feux. Il s'est levé un matin d'août et s'est pendu à un arbre. Des amis lui survivent. Ils portent sa mémoire et continuent à vivre, à lutter, à aimer, confrontant les amours du présent à ceux du souvenir. Ils racontent les erreurs, les amis perdus, les peurs, les quelques victoires et les explosions de révolte.Il y a les enfances isolées, les hommes violents, la dépression, les années d'humiliation, d'insatisfaction à trop travailler pour trop peu. Il y a les chicanes et les ruptures, entre amis, entre femmes. Mais il y a la vie qui surgit aux endroits les plus inattendus, l'amour encore, la beauté et l'espoir. Et il y a le jeu - le jeu des histoires, le jeu de la musique, et tous ces moments où nous sommes enfin réunis. Depuis l'enfance dans l'Ontario français jusqu'aux squats punks de Californie, en passant par le Montréal des années 2010 tel que vécu par un groupe d'amis composé de militants, de marginaux, de féministes, d'étudiants et de chômeurs qui rêvent d'écrire, Le jeu de la musique est un appel, une ode à la vie et à l'amitié, adressée à celles et à ceux qui ressentent toute la violence du monde, au point parfois d'avoir envie de mourir.


Cette lecture date du mois de septembre. J'aurais pu écrire ce billet bien avant mais je ne trouvais pas les mots justes. C'est une lecture que j'ai adoré sans toutefois pouvoir exprimer clairement ce qui m'a tant plu. C'est un livre fort, aux thèmes sombres, magnifiquement écrit.

Le jeu de la musique
est un roman par nouvelles (un peu comme Autour d'elle de Sophie Bienvenu). Les personnages principaux sont surtout de jeunes femmes qui ont en commun une amitié avec Vincent, le jeune homme qui s'est suicidé dans un terrain vague d'Hochelaga-Maisonneuve. Elles viennent d'Ottawa ou de Montréal et vivent de petits boulots dans des colocations plus ou moins harmonieuses. À travers des nouvelles parfois longues et parfois très courtes, nous les observons errer dans leur vie désillusionnée.

Stéfanie Clermont aborde ou, du moins, effleure plusieurs thèmes comme la dépression, l'alcoolisme, la violence conjugale, le deuil, l'amour et l'amitié. Rien de neuf. Mais c'est par sa construction et son écriture qu'elle se distingue particulièrement. J'ai beaucoup de mal à décrire son écriture. Si j'avais à le faire, je dirais qu'elle est précise, poétique et addictive. Je m'arrêterai ici car je me rends bien compte que je ne trouve toujours pas les bons mots. Ce serait préférable de le lire. Stéfanie Clermont sait trouver les mots, elle.

Le jeu de la musique - Stéfanie Clermont
Éditions Le Quartanier 2017
344 pages

jeudi 23 novembre 2017

Faire oeuvre utile : Quand l'art répare des vies - Émilie Perreault

Quatrième de couverture :

« Ton livre m’a sauvé la vie. » C’est ainsi qu’un jour, une jeune femme de 17 ans a abordé Anaïs Barbeau-Lavalette, l’auteure de La femme qui fuit (Marchand de feuilles). Dans Faire œuvre utile, la chroniqueuse culturelle Émilie Perreault a voulu raconter, en 20 rencontres fracassantes, comment la vie d’une personne peut être complètement transformée par une œuvre d’art. Comment le texte d’une chanson de Marc Hervieux a-t-il permis à une femme sans nouvelles de son mari pris en otage au Soudan de supporter l’insupportable ? Comment le spectacle de Louis-José Houde a-t-il inspiré une spectatrice quadraplégique à lutter, jusqu’au jour où elle s’est rendue en marchant jusqu’à la scène pour remercier l’humoriste ? Comment une pièce de théâtre de Robert Lepage a-t-elle aidé une fille à dire au revoir à son père mort dans une explosion sur l’autoroute 40 ?

Avec les témoignages de : Éric-Emmanuel Schmitt, Robert Lepage, Ingrid St-Pierre, Simon Boulerice, Mariana Mazza, Marc Séguin, Anaïs Barbeau-Lavalette, Samian, Daniel Thibault, Isabelle Pelletier, Biz; Keith Kouna, Louis-José Houde, Marc Hervieux, Denis Villeneuve, Margie Gillis, Marie-Mai, André Sauvé, Les Cowboys Fringants, Jean-Michel Blais et Kim Thúy.


Ce livre n'est ni un roman ni une bande dessinée, il m'arrive de lire autre chose. Je dois avouer que c'est grâce à l'émission de télévision Tout le monde en parle que j'ai eu envie de jeter un coup d'oeil à ce livre à la mise en page atypique.

Émilie Perreault a été réellement bouleversée par une pièce de théâtre d'Éric-Emmanuel Schmitt lorsqu'elle était adolescente. Elle prétend même qu'elle a changé sa vie et orienter sa carrière. En gravitant dans le milieu artistique, elle a entendu quelques témoignages qui allaient dans le même sens : des œuvres bien précises (chansons, livres, pièce de théâtre, peinture, etc.) ont changé des vies, elles les ont réparées. Elle s'est mise à la recherche de ces histoires pour les rassembler dans ce livre. Elle prouve que les artistes sont utiles, ils peuvent sauver des vies, les changer et les améliorer.

Faire oeuvre utile est le type de livre qu'on laisse traîner dans la maison et que l'on prend dès que l'on a cinq minutes pour lire une histoire. Elles font entre quatre et huit pages chacune. J'ai bien aimé. C'est très intéressant de voir l'influence que peut avoir une oeuvre d'art dans la vie d'une personne. Ma seule déception a été de réaliser que toutes les histoires les plus "fortes" ont été racontées en détail à l'émission Tout le monde en parle à Radio-Canada. Il y avait moins de surprises malheureusement.

Faire oeuvre utile - Émilie Perreault
Éditions Cardinal 2017
192 pages

samedi 18 novembre 2017

Manikanetish - Naomi Fontaine

Quatrième de couverture :

Une enseignante de français en poste sur une réserve indienne de la Côte-Nord raconte son univers, celui de ses élèves qui cherchent à se prendre en main. Autochtone, elle tentera tout pour les sauver du désespoir, même se lancer en théâtre avec eux. Dans ces voix, regards et paysages se détachent la lutte et l’espoir.

Innue, Naomi Fontaine a publié Kuessipan en 2011, roman qui a connu un véritable succès. Manikanetish est son deuxième roman.


Manikanetish, c'est le nom d'une école de la réserve Uashat sur la Côte-Nord près de Sept-Îles. En lisant quelques articles sur ce roman, j'ai vite compris que l'héroïne, c'était Noami Fontaine elle-même. Elle a exercé son métier d'enseignante pendant quelques années à Manikanetish. Immédiatement, je me suis sentie interpellée car je suis également enseignante. Elle a certainement inventé quelques éléments en commençant par son prénom (Yammie dans le texte et non Naomi) mais d'autres semblaient totalement vrais. Je ne dirais pas que c'était gagné d'avance... mais presque.

J'ai aimé tout de suite l'écriture de Naomi Fontaine. Elle est simple et touchante. L'auteure sait parler de ses élèves avec respect, naturel et beaucoup de sensibilité. Il n'y a ni jugement ni pitié. Le quotidien sur la réserve n'est pas simple. Les mères adolescentes sont majoritaires dans la classe. Les dépendances de toutes sortes sont nombreuses. Le racisme, lorsqu'ils sortent de la réserve, est bien présent. Les idées suicidaires en guettent plus d'un. Mais, même si les sujets sont parfois difficiles, il y a de l'espoir. Il est présent même avec les choses qu'elle ne peut changer

Manikanetish est un tout petit récit intime qui a résonné fort en moi. 

Manikanetish - Naomi Fontaine
Éditions Mémoire d'encrier 2017
150 pages

samedi 4 novembre 2017

La maison hantée - Shirley Jackson

Quatrième de couverture :

Construite par un riche industriel au XIXe siècle, Hill House est une monstruosité architecturale, labyrinthique et ténébreuse, qui n'est plus habitée par ses propriétaires. 

On la dit hantée. 

Fasciné par les phénomènes paranormaux, le docteur Montague veut mener une enquête et sélectionne des sujets susceptibles de réagir au surnaturel. 

C'est ainsi qu'Eleanor arrive à Hill House avec ses compagnons. 

L'expérience peut commencer, mais derrière les murs biscornus, les fantômes de la maison veillent et les cauchemars se profilent...


Mon mois d'octobre a été plus occupé que prévu. Je croyais pouvoir lire au moins deux romans pour le Défi de l'Halloween mais finalement, j'ai eu du mal à en terminer un seul à temps ! Voici donc l'unique roman qui a été lu pour le challenge (dans un billet en retard). Il s'agit d'un classique fantastique de Shirley Jackson écrit en 1959 et adapté au cinéma plus d'une fois que l'on qualifie de chef-d'oeuvre du genre.

Dans toute la région, on raconte que Hill House est hantée. Cette demeure désormais inhabitée attire le inévitablement Dr. Montague qui effectue des travaux sur les phénomènes paranormaux. Il désire s'y rendre avec quelques convives. Tout commence donc avec les invitations du Dr. Montague envoyées à trois jeunes gens pour diverses raisons. Eleanor et Theodora auraient des facultés de médium alors que Luke sera l'héritier de la maison au cours des prochaines années. Ils répondent tous présents pour vivre une expérience à Hill House.

L'ambiance angoissante d'un huis-clos est bien rendue et le malaise est présent. Par contre, Je m'attendais à plus de ce roman. Je m'attendais surtout à frissonner davantage. Aussi, le récit est très lent. J'apprécie la lenteur dans certains romans mais cette fois, j'aurais aimé plus de péripéties. Les personnages ne m'ont pas particulièrement intéressée non plus. Ils sont plutôt désagréables et antipathiques. 

Bref, sans être une déception, ce ne fût pas le grand moment de lecture auquel je m'attendais malheureusement. 

La maison hantée - Shirley Jackson
Éditions Rivages 2016
270 pages

vendredi 27 octobre 2017

1922... à l'écran

Les fans de Stephen King sont comblés cette année. Pas moins de 5 adaptations sont déjà sorties : The Mist (Brume), Gerald's game (Jessie), It (Ça), The Dark Tower (La tour sombre) et 1922. J'ai lu plusieurs romans du maître de l'horreur mais je n'ai pas lu le recueil de nouvelles Nuit noire, étoiles mortes dans lequel se retrouve 1922. L'histoire de 1922 m'était donc complètement inconnue. La voici donc :

En 1922, un homme planifie de tuer sa femme qui désire divorcer et vendre la terre que lui a légué son père pour vivre en ville. Puisqu'il ne possède qu'une infirme partie de leur ferme, il devra se résoudre à quitter la campagne lui-aussi si elle part. Refusant de partir, il manipule son propre fils et le convainc de commettre l'irréparable avec lui. Mais après le passage à l'acte, tout s’effondre petit à petit, son existence bascule dans l'angoisse et la paranoïa.

1922 est principalement un drame psychologique mais il fait frémir aussi à certains moments (particulièrement si vous avez la phobie des rats). Thomas Jane, l'acteur principal, me faisait déjà peur au début avec son regard et sa voix très grave. Il faut le regarder en V.O. absolument, le doublage ne fait vraiment pas le même effet. Et il excelle pendant tout le film ! Il joue à merveille cet homme troublé qui perd graduellement le contact avec la réalité.

Le scénario tient la route (évidemment, c'est Stephen King quand même!) mais je m'attendais à quelque chose de plus à la fin. Elle n'est pas décevante mais sachant que c'est l'adaptation d'une nouvelle, je m'attendais à une chute plus surprenante. Quoi qu'il en soit, c'est un bon film. C'est dit !

vendredi 20 octobre 2017

Websérie : Terreur 404


Terreur 404 est une websérie disponible gratuitement sur la plateforme tou.tv composée de 8 épisodes d'une dizaine de minutes chacun. C'est parfait pour une soirée d'Halloween entre amis : deux ou trois épisodes en début de soirée pour se mettre dans l'ambiance, quelques uns avant le dessert et les autres pour bien terminer la soirée. C'est plus convivial que de regarder un long film de deux heures durant lequel personne ne se parle, non ?


Chaque épisode est indépendant mais un fil conducteur les relis tous : la technologie. Les clins d'oeil sont nombreux : Facebook, AirBnB, Tinder, etc. Comme des nouvelles, elles ont toutes des chutes surprenantes aussi. Le réalisateur Sébastien Diaz s'est associé aux auteurs québécois Samuel Archibald et William S. Messier pour les scénarios. Archibald est connu pour avoir écrit Arvida et plusieurs autres livres comme la novella Quinze pour cent. C'est aussi lui qui est derrière le texte de la pièce de théâtre Saint-André-de-l'Épouvante que je suis allée voir au printemps dernier. Je n'ai pas encore lu William S. Messier mais j'ai noté quelques uns de ses titres dont Le Basketball et ses fondamentaux. Vous reconnaîtrez sans doute plusieurs acteurs et actrices aussi comme Catherine Brunet, Guy Nadon, Bianca Gervais, Martine Francke Julianne Côté, etc.

Bref, j'ai eu beaucoup de plaisir à regarder cette série originale. Elle n'est pas trop glauque mais juste assez effrayante. J'ai aimé l'humour noir aussi. Les webséries semblent souvent être de moins bonne qualité mais ce n'est pas le cas de Terreur 404. Mes épisodes préférés sont Ma première morte et La maison des amants. J'aimerais bien une deuxième saison tiens !

mercredi 18 octobre 2017

Paper Girls - Brian K Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson & Jared K. Fletcher

 Résumé :

Au lendemain de la célèbre fête d'Halloween, la petite ville de Stony Stream, Ohio, s'éveille. C'est du moins le cas de Mac, KJ, Tiffany et Erin, quatre jeunes livreuses de journaux. La routine des tournées matinales est enclenchée, jusqu'au moment où leur itinéraire croise celui d'un groupe d'étranges individus encapuchonnés, violents et au langage inconnu ; et d'une mystérieuse machine dont tout semble indiquer qu'elle ne viendrait pas de la Terre... Une découverte qui pourrait bien changer leur vie à jamais.


J'attendais le mois d'octobre pour commencer cette série de bandes dessinées. L'histoire débute le jour de l'Halloween. C'est toujours plus facile de se mettre dans l'ambiance quand nous nous approchons réellement du 31 octobre. Paper Girls est une série de plusieurs tomes dont les 3 premiers sont traduits en français. On y suit quatre jeunes filles qui ont comme travail de distribuer à l'aube des journaux directement aux maisons. Le matin du 1er novembre 1988, leur vie changera à jamais lorsqu'elles font plusieurs découvertes étranges.

Paper Girls rappelle inévitablement la série Stranger Things. Ça se déroule à la même époque et les quatre jeunes filles qui se déplacent à vélo font penser les quatre garçons de la série. Les bandes de jeunes ont la cote en ce moment dans le monde horrifique de même que les années 80. En écrivant ces lignes, je pense également à la nouvelle adaptation de IT (Ça) de Stephen King qui est présentement dans les cinémas. D'ailleurs, le découpage de Paper Girls est très cinématographique.

J'ai beaucoup aimé le début, l'ambiance est superbe. J'ai également aimé le dernier tiers de l'album, on nous laisse sur un cliffhanger qui nous donne inévitablement le goût de lire la suite. Le tiers du milieu m'a paru plus brouillon. Les manifestations fantastiques sont nombreuses et il y a plusieurs éléments que je n'ai pas saisis. J'espère que le deuxième tome m'éclairera...



Paper Girls - Brian K Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson & Jared K. Fletcher
Éditions Urban Comics 2016
160 pages

dimanche 8 octobre 2017

Halloween 2017

Comme c'est la tradition depuis maintenant 3 ans, je suis allée, avec une belle gang de braves, visiter le Village Hanté à Drummondville vendredi dernier. Il a l'avantage d'être situé à moins d'une heure de route de chez moi et il nous met toujours dans l'ambiance de l'Halloween. 

J'en profite également pour lancer mon Challenge Halloween 2017 organisé par Lou et Hilde chaque année. C'est une autre belle tradition qui perdure ! Je ne pourrai me joindre à toutes leurs activités mais je promets de parler d'au moins une BD, un roman (que je viens d'entamer), un film et d'une série d'ici l'Halloween. Pour le reste, nous verrons bien ! 

samedi 30 septembre 2017

Albertine ou La férocité des orchidées - Julie Boulanger et Amélie Paquet

Quatrième de couverture :

Trentenaire délurée et inaccomplie, Albertine Bouquet travaille comme écrivaine fantôme pour une polémiste réputée. Outre une affection incontrôlable pour les chats, Rambo et Hochelaga-Maisonneuve, elle porte un amour trouble à deux hommes aux antipodes l’un de l’autre, jusqu’à ce qu’elle rencontre Charlotte, qui pourrait brouiller les cartes. 

De nouveaux projets viennent alors modifier sa trajectoire jusque-là chancelante. Plongée dans une exploration conjointe du monde de la finance et du désir féminin, Albertine tâtera d’expériences sensuelles et intellectuelles de plus en plus indissociables. 

Résolument féminin et hautement provocateur, Albertine, ou La férocité des orchidées joue avec les codes de la littérature populaire et amuse avec esprit.


Lorsque j'ai débuté Albertine ou La férocité des orchidées, je pensais seulement lire quelques pages pour avoir un aperçu mais elles s’enchaînaient sans que je m'en rende compte. L'écriture est tellement fluide, j'ai lu ce roman dans le temps de le dire même si certains éléments m'agaçaient...

Je ne sais pas trop comment décrire ce roman, il est très difficile d'y mettre une étiquette (et c'est probablement une bonne chose). L'héroïne travaille pour une vieille dame très connue dans le milieu artistique. Elle fait tout pour elle : gérer ses réseaux sociaux, planifier ses sorties, lui trouver une coiffeuse, promener son chien, etc. En parallèle, elle souhaite écrire elle qui prétend être écrivaine mais elle manque d'inspiration et de temps libre. Encore en parallèle, elle couche à gauche et à droite, avec des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, etc. Il y a plusieurs scènes de sexe avec beaucoup trop de détails... Je n'ai pu me retenir de lâcher quelques "ben voyons!". Nous sommes loin des traditionnels  romans de chick lit même si on y retrouve beaucoup de similitudes. Je ne crois pas que les auteures se prennent au sérieux et c'est très bien ainsi. C'est drôle, déjanté et totalement libre ! Le seul petit hic : je n'ai pas vraiment cru à l'histoire d'amour et à cette fin... Je n'en dis pas plus.

Albertine ou La férocité des orchidées m'a fait passer un bon moment sans être une lecture marquante. Il sera en librairie dès le 3 octobre.

Albertine ou La férocité des orchidées - Julie Boulanger et Amélie Paquet
Éditions Québec Amérique 2017
238 pages

mercredi 20 septembre 2017

Longs cheveux roux - Meags Fitzgerald

Résumé :

La jeune Meags est une enfant comme les autres, bien qu'elle sente déjà au fond d'elle-même qu'elle n'est pas exactement comme ses amies. Longs cheveux roux est un récit autobiographique intimiste sur fond de sorcellerie et de solidarité féminine, dans lequel Meags Fitzgerald revient sur ses premiers émois amoureux de même que sur la découverte et l'acceptation de sa propre bisexualité. S'inspirant de ses expériences personnelles, l'auteure propose une réflexion forte et articulée sur la différence, la place des femmes à travers l'histoire ainsi que l'influence de la culture populaire sur la construction de notre identité.

Publié en anglais en 2015, Longs cheveux roux a connu un succès critique marqué dans sa version originale.


Voici un autre album lu cet été. C'était il y a un moment déjà mais je n'en avais pas parlé ici. La bédéiste Meags Fitzgerald, qui m'était inconnue, est une canadienne anglophone qui doit avoir à peu près mon âge. Dans ce roman graphique, elle raconte son enfance dans les années 90 puis son adolescence à travers différentes anecdotes. Jeune fille curieuse et allumée, elle est fascinée par l'étrange, la magie, le fantastique, la sorcellerie puis... les longs cheveux roux ! Elle découvre également durant ces années que son orientation sexuelle est différente de la majorité de ses copains, elle est bisexuelle.

J'ai beaucoup aimé le retour en arrière offert par cet album. J'y ai retrouvé plein de références de mon enfance et mon adolescence : émissions de télévision, des livres et même des jeux de société ! Les thèmes sont abordés de belle façon (la chasse aux sorcières ou plutôt la chasse aux homosexuels est intéressante) mais ils ne le sont qu'en surface. J'aurais aimé plus de profondeur. J'ai tout de même aimé Longs cheveux roux pour ses dessins, ses thèmes et surtout, pour le plaisir nostalgique qu'il m'a procuré !
Longs cheveux roux - Meags Fitzgerald
Editions POW POW 2017

96 pages

samedi 16 septembre 2017

Routes secondaires - Andrée A. Michaud

Quatrième de couverture :

Qui est Heather Thorne, cette jeune femme frappée d’amnésie qui ne sait plus si elle existe réellement ou si elle n’est que le double d’une inconnue croisée par un jour d’octobre ? Et qui est Andrée A. Michaud, cette écrivaine qui se demande si elle n’a pas usurpé la place d’une morte et si son véritable nom n’est pas Heather, Heather Thorne ? Regardant défiler les saisons depuis les fenêtres de son bureau, l’écrivaine tentera de déterminer de quel passé trouble a surgi la jeune femme qui l’obsède et menace de l’entraîner au cœur d’une forêt où elle sera dévorée par sa propre histoire.


Routes secondaires est ma première lecture de la rentrée littéraire de l'automne 2017. Je l'ai choisie car Andrée A. Michaud est aussi l'auteure de Bondrée, un polar que j'ai adoré et que j'ai conseillé à maintes reprises.

J'ai été ravie de retrouver l'écriture d'Andrée A. Michaud qui est toujours aussi dense et sublime. Son style est unique et reconnaissable. Par contre, le récit de Routes secondaires était pour moi très confus. Le réel se mêle à l'imaginaire, le mensonge à la vérité et les personnages ne sont jamais ceux que l'on croit qu'ils sont. Tout un casse-tête ! C'est à vous de voir si vous aimez ce procédé. Pour ma part, j'ai trouvé la lecture très exigeante. Je n'ai pas été aussi emballée que lors de ma lecture de Bondrée qui avait été une révélation. Si j'avançais tout de même rapidement ma lecture, c'est grâce à l'écriture fluide qui coule doucement. Les phrases sont belles et les images fortement inspirées par la nature. Les saisons y sont vraiment bien décrites. Il y a d'intéressantes réflexions sur le processus de création et l'écriture. J'ai aimé les courtes allusions aux personnages de Bondrée ou de ses précédents romans. Les personnages sont au coeur des questionnements de l'auteure.

Au final, le talent d'Andrée A. Michaud est évident mais j'aurais aimé être un peu moins dans le flou. J'ai compris le texte d'une certaine manière mais je ne suis pas sûre que ce soit la bonne... Ça c'est si jamais il y en a une bonne.

Routes secondaires - Andrée A. Michaud
Éditions Québec Amérique 2017
248 pages

vendredi 8 septembre 2017

La servante écarlate - Margaret Atwood

Quatrième de couverture :

Alors que la natalité ne cesse de baisser, Defred doit mettre au service de la république de Giléad, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux : sa matrice. A travers le portrait de cette femme, l'auteure dresse un réquisitoire sans appel contre tous les intégrisme. Prix de la Paix des libraires allemands 2017 décerné à l'auteure.


Le roman La servante écarlate n'est pas une nouvelle parution, il a été publié pour la première fois en 1985. Il a été réédité suite au succès monstre de la série télévisée et on le voit maintenant partout ! En juin, je l'ai cherché dans bon nombre de librairies et de bouquineries en vain. C'était presque impossible de mettre la main dessus ! Il m'a fallu attendre quelques semaines me procurer cette nouvelle édition.

L'histoire est celle de Defred qui est devenue malgré elle une servante écarlate. Elle vit dans la maison d'un famille plus riche. Elle doit se vêtir de rouge chaque jour et doit porter l'enfant de son Commandant car les Épouses ne sont plus fertiles. Être capable d'enfanter est devenu une rareté à Gilead, l'Amérique cauchemardesque du futur.

Cette dystopie est glaçante avec son Mur, les Yeux, les Tantes, etc. L'atmosphère est oppressante et on ressent la lassitude et l'angoisse que vit Defred qui a connu le monde d'avant tel que nous le connaissons. Elle peut mesurer sa liberté perdue. D'ailleurs, c'est très intéressant lorsqu'elle raconte les minimes changements qui sont survenus peu à peu et qui ont finalement mené à la fin de notre ère. J'ai eu l'impression que l'auteure nous met en garde. Le récit est féministe. Cependant, je ne considère pas que les hommes connaissent un bien meilleur sort à Gilead. La majorité n'est pas véritablement libre non plus.

La fin est marquante. Elle est à l'image du reste du récit : elle est froide et ouverte. Je l'ai apprécié même si j'aurais aimé avoir quelques réponses de plus. Je n'ai pas réellement compris les Notes Historiques à la toute fin. Est-ce un ajout de l'auteure ? Existaient-elles lors de la première parution ? Devrait-on s'y fier ? Bref, si quelqu'un peut m'éclairer, j'en serais heureuse ! Je vais aller jeter un coup d'oeil à la série maintenant. J'ai lu quelque part qu'elle était supérieure au livre... Vraiment ?

La servante écarlate - Margaret Atwood
Éditions Robert Laffont 2017
521 pages

lundi 28 août 2017

Ce que j'attends avec impatience cet automne

Le nouveau roman d'Andrée A. Michaud Routes secondaires (11 septembre)

J'ai découvert Andrée A. Michaud avec son sublime roman Bondréeun mélange de polar et de roman d'apprentissage écrit avec une écriture très poétique. Je suis très curieuse de lire le nouveau roman dont je ne sais presque rien pour le moment.

Le film Et au pire, on se mariera (15 septembre)

Le roman de Sophie Bienvenu avait été une belle claque, j'en avais parlé ici. Et ce sont les actrices Karine Vanasse (j'ai parlé d'elle récemment pour sa série Blue Moon) et Sophie Nélisse (La voleuse de livres) qui interpréteront les personnages principaux, ça ne peut qu'être bon ! J'espère avoir l'occasion de le voir au cinéma malgré le "rush" de la rentrée.

Le deuxième roman de Mikella Nicol Aphélie (19 septembre)

Son premier roman Les filles bleues de l'été m'avait beaucoup plu. Je l'avais lu d'une couverture à l'autre ! J'ai hâte de découvrir celui-là. Je n'ai jamais été déçue avec Le Cheval d'août.


"Une jeune travailleuse de nuit qui a toujours vécu par le regard des hommes voit ses habitudes bouleversées le soir où, dans un bar, surgit Mia, qui ne quittera plus ses pensées. Puis il y a cette autre fille qui a disparu et dont l’image passe en boucle au téléjournal. Prise de court, la narratrice tente de ralentir la dérive qui l’éloigne de son couple, et d’étouffer les souvenirs de B., ancien amour violent et magnétique. Le temps d’un été caniculaire et étrange, les personnages d’Aphélie dévieront de leur trajectoire pour se heurter à pleine force."


La deuxième saison de Stranger Thing (27 octobre)

Je l'attends depuis longtemps celle-là ! J'espère que la deuxième saison sera à la hauteur de la première. J'avais eu un énorme coup de coeur, je ne veux pas être déçue. J'en ai parlé ici.



Il y a aussi quelques premiers romans québécois que j'ai repérés et qui m'interpellent :

Borealium tremens de Mathieu Villeneuve (La Peuplade)
Au 5e de MP Boisvert (La Mèche)
Les cigales d'Antonin Marquis (XYZ)


 Et vous, qu'attendez-vous avec impatience ?

(Je reviendrai bientôt vous parler de mes dernières lectures des vacances...)

mardi 22 août 2017

Victor Lessard (saison 1)

Les vacances sont maintenant terminées. Je reprends du service un peu partout y compris ici. Je vous présente une autre série québécoise adaptée des polars de Martin Michaud que j'ai regardé en rattrapage cet été. 

J'ai connu Victor Lessard à travers sa toute première enquête dans le premier roman Il ne faut pas parler dans l’ascenseur. Bien qu'il m'ait plu, je n'ai pas poursuivi ma découverte des romans. Le soupçon de fantastique m'avait quelque peu dérangé. La première saison est l'adaptation d'un seul roman soit Je me souviens. Heureusement, il n'y a aucune trace de fantastique dans celui-ci ! 

J'ai trouvé au début que Julie Lebreton jouait "trop gros" le personnage de Jacinthe Taillon l'acolyte de l'enquêteur Victor Lessard. J'aime bien cette actrice mais je trouvais que son jeu, dans cette série, manquait de subtilité. Malgré tout, au fil des épisodes, j'ai bien aimé le duo Lessard-Taillon.

L'enquête est complexe et intéressante. Le premier épisode est surprenant, il est assez violent, même "gore". Je ne m'attendais à ça mais au final, ces scènes servent bien l'intrigue. Si vous n'êtes pas fan de ce genre de scène (comme moi), rassurez-vous, les autres épisodes sont beaucoup moins pires !

C'est une série que j'ai beaucoup aimé malgré quelques petits bémols. Je regarderai sans doute la deuxième saison.

dimanche 6 août 2017

Une longue canicule - Anne Villeneuve

Résumé :

Une longue canicule, la première bande dessinée d’Anne Villeneuve, met en scène Marie-Hélène, une jeune femme quittant les Îles-de-la-Madeleine pour venir s’installer à Montréal. La jeune fille découvre une nouvelle ville, ses habitants et apprend à vivre avec son déracinement et les démons de son passé. Œuvre sensible et intimiste, le récit se déroule sur une durée de quelques jours durant lesquels la métropole est plongée dans l’une des plus chaudes canicules de son histoire.


Je vous présente aujourd'hui une autre BD québécoise pour laquelle j'ai eu un coup de coeur ! J'attendais une canicule pour la lire (je l'attends toujours...) mais peu importe le temps, on passe un excellent moment avec cet album !

Le point de départ est simple : une jeune femme, Marie-Hélène, quitte ses Îles-de-la-Madeleine natales pour s'installer au coeur de Montréal. Le changement est brusque et déstabilisant. Elle n'a jamais été entourée par autant de gens mais elle se sent très seule. Elle a peu d'alliés : Nestor un collègue de travail français et Marguerite sa vieille voisine solitaire mais sympathique. Sa vie semble tranquille mais ne elle ne le restera pas... Et puis, l'amour n'est pas bien loin non plus.

J'ai eu un gros coup de coeur pour la magnifique couverture bleue mais ce qu'il y a à l'intérieur est aussi bien. L'ambiance de canicule est géniale, les dessins en noir et blanc sont beaux et le scénario tient la route. On passe par toute la gamme des émotions. Je l'ai dévoré d'un trait !

Bref, Une longue canicule est une belle BD intime et douce à s'offrir !

Une longue canicule - Anne Villeneuve
Éditions Mécanique Générale 2017
216 page

mercredi 2 août 2017

Antarctique solo, une sortie au froid !

J'ai assisté à cette pièce de théâtre ce samedi mettant en vedette Rémi-Pierre Paquin. C'est tout ? Oui c'est tout ! Le mot solo dans le titre n'est pas là pour rien. Rémi-Pierre Paquin interprète l'aventurier Frédéric Dion alors qu'il traverse l'Antarctique en kite ski ou paraski. Il est absoluement seul sur scène comme l'était Frédéric Dion durant son audacieux périple. 


Avec une pièce qui dure plus une heure trente, regarder et écouter un seul comédien pourrait être ennuyant mais non ! Rémi-Pierre est incroyablement talentueux. Je l'ai découvert dans Les pays d'en haut dans son rôle de Bidou Laloge, un autre dans lequel il excelle. 

J'ai beaucoup de mal à comprendre les motivations qui poussent un individu à entreprendre une aventure aussi risquée mais j'aime en entendre parler. La pièce est truffée d'informations intéressantes sur le périple de Frédéric Dion et sur les aventuriers qui ont traverse l'Antarctique avant lui en traîneau à chiens par exemple. Les moments sérieux alternent avec des moments légers et humoristiques. C'est bien balancé. On a souvent recours à la technologie, des vidéos sont projetés sur le décor de glaciers, C'est bien pensé. J'ai moins aimé le côté "moralisateur" qui me donnait un peu l'impression d'assister à une conférence de motivation. Je ne suis pas une adepte de ce genre de conférence, j'ai l'impression qu'on me dit comment vivre. 

Cette pièce de théâtre sort de l'ordinaire par son thème, un fait vécu, et par sa mise en scène. L'unique comédien est également excellent. Je la conseille donc à tous y compris aux plus jeunes spectateurs. Elle est présentée à Shawinigan pour quelques semaines encore puis l'équipe partira en tournée au Québec ensuite.

dimanche 30 juillet 2017

L'esprit du camp (tome 1) - Falardeau & Cab

 Résumé :

Une adolescente est envoyée de force par sa mère dans un camp de vacances, où elle devra travailler comme monitrice tout l’été. Perdue en pleine forêt, entourée d’inconnus avec lesquels elle ne semble pas avoir d’affinités, Élodie considère déjà que ses vacances sont fichues… mais le camp du Lac à l’Ours lui réserve plusieurs surprises; un jour après l’autre, un groupe de petites rousses à l’imagination débordante, un mystérieux directeur de camp et une collègue attentionnée transformeront son séjour en véritable aventure.


J'aime beaucoup retrouver l'ambiance des camps de vacances dans les livres et les bandes dessinées ayant été moi-même campeuse et animatrice à certains moments de ma vie. D'ailleurs, dans un style différent mais tout aussi intéressant, j'avais adoré Paul a un travail d'été de Michel Rabagliati qui avait aussi cette thématique. Si vous connaissez d'autres titres, je suis preneuse !

Dans L'Esprit du camp, nous vivons le premier été d'Élodie, 17 ans, comme monitrice de camp de vacances. Nous faisons vite connaissance avec les autres moniteurs et monitrices (pourquoi n'ont-ils pas de noms de camp?) et le directeur qui est tout un personnage ! C'est le moins qu'on puisse dire ! Les moniteurs ne sont pas des modèles, ils sacrent devant les jeunes campeurs, se font bronzer sur la place sans surveiller les enfants se baignent, etc. Je ne leur confierais probablement pas des enfants mais ils sont drôles et c'est l'important ! Mais les plus drôles, ce sont définitivement les campeurs. Les petites rousses du groupe d'Élodie n'ont vraiment pas la langue dans leur poche !

Un deuxième tome est prévu. J'espère qu'il répondra à nos interrogations : qui est véritablement le directeur ? Y'a-t'il vraiment quelque chose de maléfique dans la forêt ? Est-ce que Catherine ressent plus que des sentiments d'amitié pour Élodie ? Il y a un soupçon de fantastique et peut-être une histoire d'amour à prévoir pour la suite.  Je la lirai assurément.

Crue, colorée, drôle et déjantée, c'est une BD estivale géniale !
L'esprit du camp (tome 1) - Falardeau & Cab
Éditions Studio Lounak 2017
104 pages

vendredi 28 juillet 2017

Blue Moon (saisons 1 & 2)

Cette série n'est peut-être pas l'adaptation d'un livre mais elle vaut la peine que j'en parle quand même. L'année dernière, j'avais bien aimé la première saison. Mais là, je viens carrément d'enfiler les épisodes de la deuxième ! Je suis encore plus conquise ! Avant cette série, je ne croyais pas aimer les séries d'action car oui, Blue Moon en est une, une vraie ! J'en ai regardé d'autres, surtout américaines, et elle n'a absolument rien à envier à celles d'ailleurs.

Ce sont les acteurs et actrices principaux qui m'avaient donné envie d'y jeter un coup d'oeil à la base. J'aime beaucoup le travail de Karine Vanasse, Éric Bruneau et Caroline Dhavernas. Puis, j'ai été happée par les intrigues. Dans la saison 1 : qui a tué le père de Justine (Karine Vanasse) ? Que fait l'entreprise para-militaire Blue Moon au juste ? Qui est l’atroce personnage masqué qui a fait du mal à Justine ? Dans la saison 2, sur fond de contestations étudiantes, un nouveau personnage interprété par Émile Proulx-Cloutier fait son entrée. Impossible de ne pas penser à Gabriel Nadeau-Dubois... Vous verrez, après trois épisodes, c'est difficile de s'arrêter !

Je ne veux pas trop en dire mais si vous avez la chance de la visionner, n'hésitez pas ! C'est une des bonnes séries québécoises des dernières années selon moi. Pourtant, j'ai l'impression qu'elle passe sous le radar...

dimanche 23 juillet 2017

Au fond de l'eau - Paula Hawkins


Quatrième de couverture :

Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

Julia, Lena, Nel : avec ce superbe portrait de trois femmes en quête d’elles mêmes, aux prises avec les pesanteurs du passé, on retrouve l’infinie compréhension pour ses personnages dont témoignait déjà Paula Hawkins dans La Fille du train. On y retrouve, surtout, sa virtuosité et un talent incroyable pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à l’ultime rebondissement, qui marquera tous les esprits.

Paula Hawkins a vécu au Zimbabwe, en France et en Belgique. Journaliste à Londres, son premier roman La Fille du train a été vendu à plus de 18 millions d'exemplaires dans le monde.


Les romans de Paula Hawkins sont toujours de gros succès. De mon côté, c'est la jolie couverture qui m'a donné envie de lire ce polar cet été ! Il faut dire que j'avais bien aimé son premier La fille du train aussi. D'ailleurs, je ne devrais pas tarder à regarder l'adaptation cinématographique.  Encore une fois, avec Au fond de l'eau, elle nous offre un polar très efficace.

Paula Hawkins nous transporte à Beckford un petit village en Angleterre et sur les berges de sa rivière tumultueuse. Nous nous baladons entre le Vieux Moulin, le bassin aux noyées et le commissariat de police. Avec de tels lieux, on pourrait certainement en faire un beau film ! Cependant, j'ai eu un peu de mal à m'y retrouver au départ car les personnages sont nombreux. On y rencontre presque tout un village ! Après un moment, on s'y fait et on peut apprécier davantage l'intrigue qui avance lentement mais surement. À l'instar de son premier roman, il est difficile de savoir lesquels sont vraiment fiables et lesquels disent la vérité. Les secrets se révèlent au fil des pages. J'ai aussi bien aimé l'atmosphère de ce roman. Je ne sais pas si l'histoire me marquera longtemps mais sur le coup, ça a bien fonctionné.

Un autre roman de Paula Hawkins sur mon blogue : La fille du train

Au fond de l'eau - Paula Hawkins
Éditions Sonatine 2017
406 pages

jeudi 20 juillet 2017

Coin lecture en devenir...

Nous avons acheté une maison tôt ce printemps et depuis juin, nous sommes dans les rénovations et la décoration. C'est maintenant au tour de la pièce dédiée à la lecture ! C'était important pour moi d'en avoir une loin de la télévision (je suis incapable de lire si je l'entends). Il y a déjà des bibliothèques intégrées au mur et un poêle à bois. L'été, je lis principalement dans la cour mais l'hiver, l'automne ou les jours de pluie, je pourrai profiter de ce petit coin. 

Pourquoi je vous parle de tout ça ? J'aimerais avoir les conseils de lecteurs et lectrices. Qu'aimez-vous de votre coin lecture ? Qu'aimeriez avoir que vous n'avez pas ? Quels sont les indispensables selon vous ?

Voici des photos avant les travaux (avec un chat en prime). Le rouge et le brun disparaîtront, ne vous en faites pas ! :)




mardi 18 juillet 2017

Nelly le film


Nelly Arcan a marqué le monde littéraire québécois à sa manière dès la parution de son premier roman Putain. Elle était une femme aux multiples personnalités et aux nombreux talents. J'ai regardé récemment ce film biographique qui est paru l'année dernière soit huit ans après qu'elle se soit enlevée la vie.

Dans Nelly, on pourrait croire qu'on a affaire avec plusieurs personnages différents : l'escorte, la junkie, l'écrivaine, la star, l'amoureuse. Les scènes se succèdent mais l'ambiance change. Seul le malaise reste. Mylène MacKay interprète à merveille cette femme insaisissable et torturée. Certaines scènes sont marquantes, d'autres fascinantes. La photographie du film est léchée et magnifique.

Il m'a semblé qu'on entremêlait parfois la réalité et la fiction. A-t-elle utilisé ce même procédé dans ses romans ? C'est fort possible. Malheureusement, je n'ai jamais lu ses romans (mais je le ferai un jour) et cela m'a sans doute empêché de saisir quelques détails. Je n'ai pas l'impression d'en avoir appris beaucoup sur Nelly Arcan mais plutôt d'avoir baigné dans sa mélancolie et son mal de vivre le temps du visionnement. J'ai passé un très bon moment de cinéma malgré tout.

mercredi 5 juillet 2017

Corps sonores - Julie Maroh

Résumé :

Montréal, comme partout ailleurs, les couples se font et se défont. Les individus s’attirent, se repoussent, dans une perpétuelle valse des corps. Dans cette même ville s’entrecroisent des destins à la fois différents et semblables, liés par ce sentiment indescriptible : l’amour. Cette inconnue à laquelle même la science ne peut donner d’explication, ce concept qui nourrit l’imaginaire des artistes depuis toujours, est au cœur du nouveau roman graphique de Julie Maroh.

À travers vingt et une nouvelles de bande dessinée, sur 300 pages, l’auteure retrace les différentes étapes d’une relation amoureuse : les premiers flirts, les rendez-vous manqués, la vie sous le même toit, la rupture... Interrogeant les émotions, convoquant les sens, elle décrit les parcours de personnages criants de vérité. Loin des supposées « normes » de genre et des stéréotypes physiques ou raciaux, leurs corps, dans leur diversité, sont les nôtres. Avec eux, nous partageons l’excitation, les doutes, la tristesse, la joie, la honte, la colère. Comme eux, nous aimons.

Corps sonores est un ouvrage à la fois universel et résolument contemporain dans ce qu’il donne à voir de la réalité humaine.


Julie Maroh, ce nom vous dit certainement quelque chose. C'est elle qui est derrière Le bleu est une couleur chaude, une BD pour laquelle j'avais eu un coup de coeur. Elle a été adaptée aussi sous le titre de La vie d'Adèle. Corps sonores, le deuxième album d'elle que je lis est composé de courtes (et de très courtes) histoires qui ont en commun le thème de l'amour et le lieu, c'est-à-dire la ville de Montréal. D'ailleurs, cet extrait est juste et magnifique :

"Tout commence un 1er juillet puisqu'à Montréal tout change chaque 1er juillet: c'est la journée typique des déménagements. Les corps chargent et déchargent des véhicules en résonnant d'émotions, Espoir, nostalgie, peur, doute, excitation.... Dans ce chaos organisé et sous la chaleur accablante, tout le monde offre les cadavres de son ancienne vie sur les pelouses des allées et emporte le reste, vers la vie à venir."

J'ai aimé retrouver des décors montréalais : les tam-tams du Mont-Royal, la Ronde, etc. Cependant les "traductions" d'expressions québécoises à répétition m'ont agacé alors que d'autres trop "françaises" pour être dites par des québécois m'ont fait grincer des dents. Le langage n'est pas au point et même sans le savoir, on devine facilement que c'est écrit par une française.

J'ai été surprise que l'auteure considère le polyamour est bien accepté au Canada. Nous sommes une société plus ouverte que bien d'autres à propos de la diversité sexuelle mais le message envoyé me paraît bien loin de la réalité. Je n'ai jamais entendu parler de polyamour vécu au quotidien... Alors dire qu'il est bien accepté et ce depuis des années, ça me semble exagéré malheureusement.

Comme dans tous les recueils d'histoires ou de nouvelles, certaines nous touchent plus que d'autres évidemment. Ce fût le cas ici aussi. L'épilogue est l'une de celle que j'ai préférée. L'album est un peu inégal mais il vaut quand même le détour.

Un autre album de Julie Maroh sur mon blogue : Le bleu est une couleur chaude
Corps sonores - Julie Maroh
Éditions Glénat 2017
304 pages

jeudi 29 juin 2017

Bonjour Tristesse - Françoise Sagan

Quatrième de couverture :

La villa est magnifique, l’été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l’amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s’amusent, ils n’ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d’une femme de coeur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.


C’était l’été 1954. On entendait pour la première fois la voix sèche et rapide d’un « charmant petit monstre » qui allait faire scandale. La deuxième moitié du XXe siècle commençait. Elle serait à l’image de cette adolescente déchirée entre le remords et le culte du plaisir.


J'ai lu Bonjour tristesse au cours des dernières semaines. C'est un titre que beaucoup connaissent (souvent sans même l’avoir lu) car dès sa parution en 1954, il a connu un grand succès. Une adaptation cinématographique existe aussi. Ce fût une lecture mitigée pour moi mais pas désagréable.

Pour ma part, je ne connaissais rien de l'histoire mis à part qu'elle se déroulait dans le sud de la France. Pour résumer, il s'agit de l'histoire de Cécile, 17 ans, qui est en vacances dans une villa au bord de la mer avec son père Raymond un jeune veuf. Avec eux, voyage Elsa qui est amoureuse de Raymond. Tout va pour le mieux jusqu'à ce qu'un autre personnage débarque pour troubler le trio. Anne est une grande dame qui souhaite conquérir Raymond et éduquer Cécile qui est trop "libre" pour elle et pas assez intellectuelle.

Je n'ai pas détesté mais je m'attendais à autre chose. Les phrases sont courtes et sèches. Les descriptions vont droit au but. Il a fallu que je m'y habitue. Le personnage de Cécile ne m'était pas vraiment sympathique. Je n'ai aimé que son côté décomplexé et libre (surtout pour une jeune femme de 17 ans) qui a certainement dérangé à l'époque mais sa jalousie la rend forcément moins attachante. Par contre, la fin énigmatique est très réussie, elle porte à réflexion et force l'interprétation.

J'ai aussi aimé l'ambiance estivale du sud de la France. J'ai retrouvé des lieux où je suis moi-même allée lors d'un voyage en 2012. Comme les personnages, j'ai mis les pieds à la gare de Fréjus ainsi que sur les plages de Fréjus et de St-Raphaël. J'ai aimé ces petites villes qui semblaient être prisées davantage par les vacanciers français que par les touristes de partout comme dans les grandes villes. Voici quelques-unes de mes photos. 

 À St-Raphaël

 La plage de Fréjus

Ma première fois en Paddleboard, c'était à Fréjus !

Bonjour Tristesse - Françoise Sagan
Éditions Pocket 2009
160 pages